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Nosaj Thing : retour du magicien beatmaker

29 09

Dans l’histoire de la musique, et plus précisément dans celle des musiques dites « urbaines », où la fusion entre les genres est légion, où la musique des ghettos croise celle des Clubs bobos, où le Hip Hop se lie d’amitié avec l’Electro et où le beatmaker est Roi, il arrive parfois que l’on tombe sur un ovni. Album ovni, artiste ovni, univers ou genre musical nouveau. Ce fut le cas pour moi en juin 2009, lorsque Daddy Kev eu la brillante idée de signer sur son label, Alpha Pup, le jeune Nosaj Thing. L’américain s’était déjà fait remarquer depuis 2004, et en particulier depuis la sortie de son premier EP « Views/Octopus », dont l’un des morceaux, « Aquarium », fut utilisé comme instru par Kid Cudi pour son « Man on the Moon ».

Avec des titres comme « 1685/Bach » ou le très surréaliste « Light #1 », ce premier opus dénommé « Drift » a débarqué comme une bombe et a propulsé le talentueux Jason Chung sur le devant de la scène. Ici, l’Abstract Hip Hop est poussé à son paroxysme, un peu comme si les machines avaient pris le contrôle de son âme et qu’elles l’auraient décortiqué en douze pistes.

Mais c’est en 2012, à la sortie de son deuxième album intitulé « Home », que viendra alors la reconnaissance internationale par le biais d’un titre tout en douceur. En France, « Eclipse/Blue » fera le bonheur des auditeurs de Radio Nova et plus récemment, ceux de Travelzik. Sur Youtube, il explosera les quatre millions de vu en seulement quelques semaines. Cette sucrerie auditive est une très jolie collaboration avec Kazu Makino, chanteuse du groupe newyorkais, Blonde Redhead. Même si cet opus est globalement moins surprenant que le précédent, il ouvre la voie vers d’autre terrain de jeu, et permet au jeune producteur d’élargir le champ des possibles.

En outre, on y retrouve encore toutes ses influences, celles de son adolescence, les radios locales, la découverte du Hip Hop et DJ Shadow.

En 2015, c’est désormais sur le label Innovative Leisure avec qui, il avait déjà signé « Home », que sortira « Fated », son troisième album. Plus intime, plus doux, à la croisée des chemins entre Ambient et Electronica, le garçon prendra de court la presse et ses fans, avec des pistes ultra organiques comme « Sci » ou le surprenant « Medic ».

À Los Angeles, il rencontrera Flying Lotus et Daedelus, pour qui, il réalisera quelques remixes. Soudainement convoité par des artistes du monde entier, il proposera également des versions très personnelles pour Radiohead, Drake, The XX, Portishead ou encore Philip Glass.

En cette rentrée 2017, débarque dans les bacs, son quatrième et très attendu LP. Une sorte de retour aux sources pour Jason Chung: Glitch, nappes de synthés langoureuses, mais aussi, multiplication des collaborations. On retrouve une nouvelle fois Kazu Makino et son « How We Do », rappelant ici et là le travail d’un certain Eyedress, lui aussi, ovni en son genre. Mais également Steve Spacek et le magique « All Points Back To U ». A la fois envoûtant et terriblement sexy, ce titre fera, pour sûr, le bonheur des radios indépendantes et de quelques DJ’s audacieux. Avec « UG », Jason nous transporte dans un after liquide, moite et torride, où s’entrechoquent cultures londonienne et californienne. Quant à « Get Like », il pourrait être l’instru absolument parfaite de je ne sais quel rappeur ambitieux.

On retrouve sur « Parallels » le meilleur des trois albums précédents. Nosaj Thing surprend, bouscule, bouleverse, éclabousse les oreilles des curieux, en proposant une fois de plus, l’impossible métissage entre Hip Hop sous acid et Electro futuriste.

Julien Dumeau

 

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