Monkey Safari – fin des singeries auditives ?

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On constate depuis quelques années de nombreuses mutations en matière de musiques électroniques, et il est assez amusant d’observer les virages à cent quatre-vingts degrés, réalisés par certains artistes, pour le meilleur, et souvent pour le pire. Alors quand j’ai entendu parler du nouvel album des Monkey Safari, j’ai été foudroyé par de multiples sentiments. D’abord du rejet, traumatisé que je fus, après l’écoute de leur premier opus sorti en 2012 sur Momba, aussi passionnant qu’un épisode d’NCIS sous kétamine, à moins que l’intrigue m’est échappée entre deux tracks, vaguement Tech House et dénués de tout intérêt. Mais c’est la curiosité et l’espoir qui l’ont emporté, car les deux frangins d’outre Rhin ont pondu depuis ces derniers mois, un certain nombre de titres et remixes plutôt alléchants…

Tour à tour DJ’s, producteurs, patrons de Club, à la tête de plusieurs labels, aficionados de la nuit, de ces dérives, de ces excès mais aussi de ces privilèges. Le duo enchaînent les interviews, les dates, les festivals (Time Warps, Awakening), pour enfin nous revenir avec un second opus, se distinguant clairement du premier et de ses singeries auditives.

Le moins que l’on puisse dire c’est qu’il s’est passé quelque chose depuis la création du label « Hommage » en 2013, et surtout depuis la sortie des EP’s « Walls » et « Cranes » en 2015.

Un remix pour Marc Houle, sur le label de Richie Hawtin, un autre pour Super Flu, et plus récemment, un titre de Guy Mantzur revisité, le duo semble désormais, surfer sur la vague Techno Minimal qui sévit depuis une bonne décennie, au grand dam des puristes, crachant sur ce style avec autant de haine que si c’était de l’EDM ou je ne sais quelle fiente sonore. Mais si la Minimale a ses limites, force est de constater qu’il lui arrive parfois d’être de bonne facture, surtout lorsqu’elle lorgne vers la Deep House

Ayant apporté sa touche mélo-progressive sur le remix de « Dodge » en 2016, le brésilien Victor Ruiz influença sans nul doute l’écriture de leurs dernières productions.

A noter que Guy Gerber, Kölsch et Josh Wink viendront également remixer quelques titres des deux allemands.

« Odyssey » démarre tout en douceur, avec son « Prologue » qui annonce timidement la direction que prendra ce voyage : sombre et parsemé de quelques plaisantes saturations.
Mais la véritable surprise arrive en troisième position, avec ce titre fleuve, intitulé « Boulogne billancourt », planant et « garniesque » à souhait (pardon Laurent). Le genre de titre avec lequel on se prend de grosses envolées, à quatre heures du matin, les yeux mi-clos et les bras levés bien haut vers le ciel…
Monkey Safari aura donc attendu sept ans avant de proposer un véritable hymne au dancefloor !
Suivront « Sign », « Kingdom » et « From the purple sky », qui, bien que moins efficaces, feront probablement le bonheur des kids, lors des festivals des mois, et peut-être même des années à venir…

Pour le reste, à défaut d’une « Odyssée », Monkey Safari nous offre tout au plus, une balade sympathique, empruntant quelques chemins de traverse, entre House Progressive facile et Minimal Techno délicate, teintés ici et là de vocaux langoureux et accrocheurs…

                                                          Julien Dumeau

 

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